Patrick Liébus, président de la Capeb, Confédération de l’artisanat et des petites entreprises, a adressé ses vœux aux professionnels, à Paris, le 5 janvier dernier. Patrick Liébus siège également au Comité économique européen et préside EBC, l’organisation européenne. Extraits…

 

Année d’incertitude.

« Nous risquons de ne plus connaitre la baisse des taux d’intérêt dont nous avons bénéficié en 2016. Ils vont d’abord se stabiliser puis remonter légèrement. A cela s’ajoute l’incertitude qui pèse sur le coût de l’énergie et des matières premières. Sur ce point, le manque de lisibilité est total et nous savons combien l’impact peut être important sur nos activités et nos marges. A l’échelon européen, mêmes incertitudes : trois pays de l’Union européenne vont être en année électorale : l’Allemagne, les Pays Bas et la France. Et en mars, le processus du Brexit va démarrer en Grande Bretagne.

 

Europe.

Deux sujets emblématiques et capitaux : la révision de la directive sur le travail détaché, dont le processus est enclenché, et la directive en préparation sur les poussières de silice. Il est hors de question que cette directive fasse subir aux entreprises du gros œuvre, mais aussi à toutes les autres, les mêmes désordres et difficultés que le secteur de la menuiserie charpente connait avec les poussières de bois.

 

Croissance molle en France.

Sur le plan national, l’économie française connaît une croissance molle. La France sort moins vite de la crise et progresse moins vite que les autres pays. La croissance était de 1,6% en 2016 et serait de 1,2% en 2017.

 

Secteur de la construction.

Le neuf va mieux et affiche 400 000 logements supplémentaires. La rénovation va mieux mais plus doucement. Elle se redresse mais a besoin d’être encore accompagnée. Il faut que le gouvernement maintienne une TVA à 5.5 % pour la rénovation énergétique dont la croissance en positif porte le secteur et maintienne une TVA à 10 % pour les travaux de rénovation. Qu’il mette aussi en place une TVA à 5.5 % pour les travaux d’adaptabilité des logements.

 

CITE et CICE.

Le CITE est maintenu en 2017. Il a joué un effet de levier qui a permis de déclencher les travaux chez nos clients particuliers. Le CICE a permis d’aider certaines entreprises. Mais un allégement de charges aurait été plus profitable à l’ensemble des entreprises de l’artisanat – 64 % des entreprises artisanales du bâtiment ne sont pas employeurs.

 

Compte pénibilité.

C’est ce compte qui est pénible pour nos entreprises : la CAPEB veut sécuriser les chefs d’entreprises. D’autres moyens auraient dû être étudiés. D’ailleurs, avec IRIS-ST, la CAPEB travaille depuis de nombreuses années sur la prévention. En 2017, il faut rétablir la confiance des chefs d’entreprises à tous les niveaux.

 

Apprentissage.

Sait-on que l’on a pratiqué une politique de « stop and go » qui a découragé les plus chevronnés des maitres d’apprentissage ? Avec tous ces soubresauts dans un contexte rabâché de « pénibilité des métiers », je souhaite du courage et de la motivation au jeune qui ambitionne de devenir artisan. Avant tout, il faut de l’activité, de la rentabilité, de la stabilité.

 

Prélèvement à la source.

Nous n’avons pas vocation à être des agents de l’Etat (ce même Etat qui n’est pas en capacité de nous fournir la DSN automatisée…)

 

Champ paritaire.

Le regroupement des conventions collectives et des branches suit son cours de négociation. Nous y participons activement.

 

Organisation patronale.

Je salue la naissance de l’U2P qui représente, grâce à l’arrivée au sein de l’UPA de l’UNAPL, la première organisation patronale du pays avec 2.300.000 entreprises.

 

Le vœu du président.

Je forme le vœu que l’année 2017 soit celle des TPE/PME de l’artisanat tout simplement. Je demande qu’on nous laisse travailler, créer de la richesse et développer de l’activité. L’économie française repose sur les territoires, donc sur l’artisanat. Qui est mieux placer que l’artisanat du bâtiment pour redynamiser l’économie locale, à travers d’une vraie politique du logement en faveur de la rénovation des centres bourgs par exemple ? Les artisans, véritables acteurs de l’économie locale, sont disposés à relever ce défi, car ils savent que ce sont les petits travaux qui font les grandes politiques. Et oui, je suis pour « une grande politique de petits travaux ».

 

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